Les règles de 2026, sans détour

Meublé de tourisme à Paris en 2026 : règles, fiscalité, limites

Déclaration nationale, 90 jours par an, changement d'usage, abattement réduit : ce que louer en courte durée implique vraiment, et l'alternative que choisissent de plus en plus de propriétaires.

La réponse en une phrase

Un meublé de tourisme est un logement loué à des voyageurs de passage. À Paris en 2026, cela suppose un numéro d'enregistrement national, 90 jours par an au plus si c'est votre résidence principale, et une autorisation de changement d'usage, presque impossible à obtenir, si ce n'est pas le cas.

Cette page ne vous dira pas comment décorer un studio pour les photos. Elle vous dit ce que la loi exige, ce que ça coûte, et à partir de quand la location de plusieurs mois devient la meilleure réponse. Les règles ont beaucoup changé entre 2024 et 2026 ; tout ce qui suit est à jour au 2 septembre 2026.

Ce qui est un meublé de tourisme, et ce qui n'en est pas

Le code du tourisme parle d'un logement meublé « offert en location à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile et qui y effectue un séjour caractérisé par une location à la journée, à la semaine ou au mois ». Trois mots comptent : de passage, pas de domicile, séjour court. Un salarié logé quatre mois pour une mission, un étudiant pour un semestre, un expatrié pour un an ne sont pas une clientèle de passage : leur location est une location d'habitation, en bail mobilité ou en bail code civil, et aucune des règles de cette page ne s'y applique.

En octobre 2025, Paris compte 82 045 annonces sur Airbnb, dont 48 000 logements entiers. L'offre touristique recule depuis les Jeux olympiques, tandis que les annonces en bail mobilité, elles, progressent.

Le marché est en train de basculer de lui-même. Les propriétaires qui quittent la courte durée ne quittent pas la location meublée : ils allongent les séjours.

Source : Apur, note n° 281 « Locations meublées touristiques à Paris en 2025 », janvier 2026

Depuis le 20 mai 2026 : la déclaration nationale

Jusqu'en 2026, chaque ville avait sa procédure. Depuis le 20 mai 2026, toute personne qui loue un meublé de tourisme, même occasionnellement, même sa résidence principale, doit le déclarer sur un téléservice national unique, géré par la Direction générale des entreprises. La déclaration donne un numéro d'enregistrement à afficher sur chaque annonce. Les plateformes retirent les annonces sans numéro, et l'absence de déclaration coûte jusqu'à 10 000 € d'amende, 20 000 € pour un faux numéro.

La déclaration indique si le logement est votre résidence principale. Si oui, vous devez le prouver, et c'est cette case qui déclenche le plafond de jours.

Résidence principale : 90 jours par an à Paris

La loi nationale autorise à louer sa résidence principale aux touristes 120 jours par an. La loi Le Meur du 19 novembre 2024 a permis aux villes de descendre à 90, et Paris l'a fait dès le 1er janvier 2025. Au-delà, l'amende peut atteindre 15 000 €, et les plateformes bloquent le calendrier. Les seules exceptions sont une obligation professionnelle, une raison de santé ou un cas de force majeure.

Ce plafond ne dit rien sur le reste de l'année : rien ne vous empêche de louer votre résidence principale 90 jours aux touristes et de l'habiter le reste du temps. Il devient un problème quand le logement est en réalité un investissement.

Résidence secondaire ou investissement : le changement d'usage

Un logement qui n'est pas votre résidence principale ne peut être loué aux touristes qu'avec une autorisation de changement d'usage, prévue par le code de la construction et délivrée par la Ville. Paris la conditionne à une compensation : transformer en logement une surface de bureaux ou de commerces au moins égale à celle que vous retirez du marché, et jusqu'à deux ou trois fois plus dans les arrondissements les plus tendus. Le règlement municipal, modifié en février 2025 pour intégrer la loi Le Meur, a aussi porté l'amende civile à 100 000 € par logement, avec une astreinte possible de 1 000 € par jour et par mètre carré tant que le logement n'est pas rendu à l'habitation.

En pratique, la compensation rend le changement d'usage inaccessible à un particulier : il faut acheter un local commercial et le transformer en logement pour avoir le droit d'en louer un autre aux touristes. C'est la raison pour laquelle l'investissement en courte durée a quasiment disparu à Paris. Le détail de la procédure est sur la page changement d'usage à Paris.

La fiscalité : un abattement tombé à 30 %

Les loyers d'un meublé de tourisme sont des bénéfices industriels et commerciaux, comme ceux de toute location meublée. Au régime simplifié, le micro-BIC, l'administration applique un abattement forfaitaire avant impôt. Depuis la loi Le Meur, cet abattement est de 30 % pour un meublé de tourisme non classé, dans la limite de 15 000 € de recettes, et de 50 % pour un meublé classé, jusqu'à 77 700 €. La location meublée classique, elle, garde ses 50 % jusqu'à 77 700 €. Autrement dit, à loyer égal, un meublé de tourisme non classé est imposé sur 70 % de ses recettes, un meublé loué à l'année sur 50 %.

Le régime réel reste ouvert, avec l'amortissement du logement et des meubles : c'est souvent lui qui sauve la rentabilité d'un meublé de tourisme, au prix d'une comptabilité. La page micro-BIC ou réel fait le calcul.

Trois obligations qu'on découvre trop tard

Un DPE valide

La loi Le Meur impose un diagnostic de performance énergétique pour louer en meublé de tourisme. Un logement soumis au changement d'usage doit être classé au moins E aujourd'hui, et au moins D à partir de 2034.

La taxe de séjour

Vous la collectez auprès de chaque voyageur et la reversez à la Ville, sauf quand la plateforme s'en charge. Un meublé non classé est taxé en pourcentage du prix de la nuit.

La taxe d'habitation sur les résidences secondaires

Un logement meublé qui n'est loué à personne à l'année reste à votre disposition au sens du fisc : vous en payez la taxe d'habitation, que Paris majore de 60 %. Un logement loué à l'année en échappe.

Courte durée ou moyenne durée : le comparatif

La location meublée de un à dix mois, à des professionnels en mission, des étudiants ou des expatriés, n'est pas du meublé de tourisme. Elle n'a ni plafond de jours, ni changement d'usage, ni abattement réduit. Voici les deux modèles face à face pour un logement parisien.

CritèreMeublé de tourismeMeublé de moyenne durée
Durée des séjoursQuelques nuits à quelques semaines, clientèle de passageUn à dix mois, professionnels en mission, étudiants, expatriés
Résidence principale90 jours par an maximum à Paris, déclaration et numéro nationalAucun plafond de jours
Résidence secondaire ou investissementChangement d'usage obligatoire, avec compensation, rare et coûteuxAucune autorisation : c'est de la location d'habitation
ContratContrat de location saisonnièreBail mobilité, ou bail code civil avec une société
Fiscalité au micro-BICAbattement de 30 % (50 % si le meublé est classé)Abattement de 50 %
GestionMénage, linge, clés et messages à chaque séjourUne entrée et une sortie par séjour de plusieurs mois
Taxe d'habitationDue par le propriétaire, majorée jusqu'à 60 % à ParisNon due si le logement est loué à l'année

Règles applicables à Paris au 2 septembre 2026.

À Paris, 79,3 % des locataires de meublés sont des professionnels en mobilité, et la durée moyenne de séjour atteint 8 mois en 2025.

La demande de moyenne durée n'est pas une solution de repli : c'est aujourd'hui le cœur du marché du meublé parisien. Et elle peut se déléguer entièrement à un opérateur qui prend le logement à bail, comme l'explique la page sous-location professionnelle.

Source : Lodgis, baromètre de la location meublée 2025

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un meublé de tourisme ?

Un logement meublé, villa, appartement ou studio, loué à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile, pour des séjours à la journée, à la semaine ou au mois. C'est la définition du code du tourisme. Dès qu'un locataire y fait sa résidence principale, ou qu'il y séjourne plusieurs mois pour une mission, on sort du meublé de tourisme pour entrer dans la location d'habitation.

Peut-on louer son appartement parisien sur Airbnb toute l'année ?

Non, sauf changement d'usage. Si c'est votre résidence principale, la limite est de 90 jours par an à Paris depuis le 1er janvier 2025. Si ce n'est pas votre résidence principale, il faut une autorisation de changement d'usage de la Ville, qui exige en général de transformer en logement une surface équivalente, voire double ou triple, de bureaux ou de commerces. Sans autorisation, l'amende peut atteindre 100 000 € par logement.

Quelles démarches pour louer en meublé de tourisme en 2026 ?

Depuis le 20 mai 2026, une déclaration sur le téléservice national, qui délivre un numéro d'enregistrement à faire figurer sur toute annonce. À Paris s'y ajoutent le respect des 90 jours ou le changement d'usage, un diagnostic de performance énergétique valide, la collecte de la taxe de séjour et, pour un meublé non classé, un abattement fiscal ramené à 30 %.

Le meublé de tourisme est-il encore rentable à Paris ?

Pour une résidence principale louée quelques semaines par an, oui. Pour un logement dédié, l'équation a changé : plafond de 90 jours ou compensation, abattement réduit, taxe d'habitation majorée, gestion lourde. Beaucoup de propriétaires basculent vers la location meublée de moyenne durée, sans plafond ni autorisation, où le séjour moyen atteint huit mois à Paris.

Avertissement

Cette page est un guide d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Les règles citées sont celles en vigueur à Paris au 2 septembre 2026 ; elles changent vite et diffèrent d'une ville à l'autre. Avant de louer en courte durée, vérifiez la réglementation de votre commune et faites valider votre montage fiscal par un professionnel.

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